Lettre d’amour à ma grand-mère : une magnifique pépite du cinéma chinois à découvrir en salle

Publié le 2026-09-01 11:00:00
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Hello les amis! Il y a des films dont on comprend immédiatement pourquoi ils ont rencontré leur public. Et puis il y a ceux qui arrivent presque par surprise, sans stars, sans énorme campagne marketing, avec un budget dérisoire au regard des standards de l’industrie, et qui parviennent pourtant à toucher des millions de spectateurs. Lettre d’amour à ma grand-mère appartient clairement à cette seconde catégorie.

Le film chinois de Lan Hongchun, qui sort dans les salles françaises le 2 septembre 2026, est déjà un véritable phénomène en Asie. Produit pour environ 2 millions de dollars, il a rapporté près de 300 millions de dollars au box-office mondial, dont l’immense majorité en Chine. Une performance complètement folle pour un film intimiste, tourné en grande partie en dialecte teochew, sans vedettes internationales et porté par des interprètes pour la plupart non professionnels.

Mais ce qui nous intéresse ici n’est pas seulement le phénomène économique. Car après avoir eu la chance de découvrir le film, une chose est certaine : le succès de Lettre d’amour à ma grand-mère n’est absolument pas usurpé.

Une histoire simple… qui cache beaucoup plus qu’elle n’en a l’air

Au départ, l’histoire semble presque banale.

Depuis des décennies, Ye Shurou survit grâce aux lettres et aux mandats que son mari lui envoie depuis la Thaïlande. Un homme parti autrefois chercher une vie meilleure et qui n’est jamais revenu au pays.

Des années plus tard, son petit-fils Xiaowei, criblé de dettes et davantage intéressé par l’héritage potentiel que par l’histoire familiale, décide de partir en Thaïlande sur les traces de ce grand-père dont il ne connaît finalement pas grand-chose.

Mais son voyage va rapidement prendre une direction totalement inattendue.

Car derrière les lettres, derrière l’argent envoyé pendant toutes ces années et derrière l'absence de cet homme se cache une histoire que personne dans la famille n’avait réellement imaginée.

Et c’est précisément là que Lettre d’amour à ma grand-mère devient passionnant.

Le film avance progressivement, presque tranquillement. Son démarrage peut d’ailleurs déstabiliser : on ne sait pas forcément où Lan Hongchun veut nous emmener. Puis, petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place. Certaines révélations surprennent, d’autres sont finalement assez prévisibles, mais cela n’empêche absolument pas l’émotion de fonctionner.

Parce que le véritable sujet du film n’est finalement pas le mystère.

C’est l’amour. Le sacrifice. La fidélité. Et toutes ces choses que l’on fait parfois pour quelqu’un sans jamais lui demander de nous remercier.

L’histoire des Chinois partis chercher une autre vie

travers cette histoire familiale, Lan Hongchun raconte aussi quelque chose de beaucoup plus vaste : l’histoire des Chinois de la diaspora, et particulièrement celle des populations originaires du Chaoshan, dans le sud de la Chine, parties travailler à travers l’Asie du Sud-Est. Au cœur du récit se trouve le qiaopi, ces lettres accompagnées de mandats ou de preuves de transfert d’argent que les Chinois installés à l’étranger envoyaient autrefois à leurs familles restées au pays.

Ce système n’est pas simplement un élément scénaristique : il constitue la mémoire même de plusieurs générations.

Le réalisateur s’est d’ailleurs appuyé sur de nombreuses histoires réelles liées à cette diaspora. Plus de 90 % de l’intrigue serait inspirée de situations authentiques, même si les personnages et l’histoire racontée dans le film restent fictionnels. Et c’est là que le film peut toucher bien au-delà du public chinois.

Car cette histoire de départ, d’exil, d’argent envoyé au pays, de famille séparée pendant des décennies et de sacrifices silencieux peut résonner chez énormément de communautés asiatiques. On pense évidemment aux Chinois partis en Thaïlande ou ailleurs en Asie, mais aussi, par exemple, à l’histoire des Vietnamiens ayant quitté leur pays, notamment les boat people.

La géographie change, les époques changent, mais les émotions restent les mêmes. Et si vous n’êtes pas asiatique, rassurez-vous : il n’est absolument pas nécessaire de connaître cette histoire pour être touché. Parce que Lettre d’amour à ma grand-mère raconte avant tout une histoire universelle.

Une émotion qui ne cherche jamais à forcer les larmes

C’est probablement ce qui nous a le plus marqué.

Le film aurait pu tomber très facilement dans le mélodrame. Il avait tous les ingrédients pour cela : les séparations, les lettres, les décennies d’attente, les secrets de famille, les sacrifices et les retrouvailles.

Pourtant, Lan Hongchun évite globalement le piège du film qui vous hurle : « Maintenant, il faut pleurer ! ». L’émotion vient naturellement.

Elle passe par les regards, les lettres, les souvenirs, les petits gestes et surtout par cette idée bouleversante : certaines personnes peuvent consacrer une partie de leur vie à faire le bien sans jamais être reconnues pour ce qu’elles ont accompli.

C’est une histoire humaine, sincère et profondément généreuse.

Et oui, elle nous a énormément touchés.

Une distribution qui gagne en authenticité

Le choix du casting participe énormément à cette réussite.

Lan Hongchun a privilégié des interprètes peu connus et, pour beaucoup, non professionnels. Li Sitong, Wang Yantong, Wu Shaoqing, Zheng Runqi et Wang Xiaohui portent ainsi cette histoire avec une simplicité qui correspond parfaitement au film.

Cette authenticité est particulièrement importante puisque le film fait une large place au dialecte teochew. Le résultat aurait probablement été très différent avec une distribution composée uniquement de stars venant réciter leurs dialogues.

Ici, on a parfois davantage l'impression d'observer des gens vivre leur histoire que de regarder des acteurs fabriquer une émotion.

Et c'est précisément ce qui rend certaines scènes aussi fortes.

On notera également la présence de Usha Seamkhum, l’actrice thaïlandaise de Comment devenir riche grâce à ma grand-mère. Un petit clin d’œil particulièrement amusant puisque les deux films ont notamment la Thaïlande comme décor et s’intéressent, chacun à leur manière, aux relations entre générations.

Un réalisateur qui raconte une histoire profondément personnelle

Derrière le film, il y a aussi le parcours de Lan Hongchun, qui connaît particulièrement bien la région du Chaoshan.

Avant de se consacrer pleinement au cinéma, le réalisateur a notamment travaillé dans le documentaire et s'est intéressé pendant des années aux histoires de sa région natale. Pour préparer le film, il a effectué un important travail de recherche autour des communautés chinoises expatriées et de leurs témoignages.

Il signe ici la réalisation mais également le scénario, avec Yang Leng, Zheng Xuanxuan et Zhu Liyun.

Et cela se ressent.

Le film ne donne jamais l'impression d'être une simple reconstitution historique destinée à faire joli. Derrière chaque lettre, chaque quartier, chaque famille et chaque personnage, il y a une véritable volonté de transmettre une mémoire.

Un petit cousin de Comment devenir riche grâce à ma grand-mère ?

Il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec Comment devenir riche grâce à ma grand-mère.

Les deux films ont notamment en commun la présence de la Thaïlande, une relation intergénérationnelle au centre du récit et cette capacité à partir d'une histoire relativement simple pour aller vers quelque chose de beaucoup plus émotionnel.

Mais attention : les deux films sont très différents.

Comment devenir riche grâce à ma grand-mère repose davantage sur une dynamique familiale et sur l'évolution de la relation entre un petit-fils et sa grand-mère.

Lettre d’amour à ma grand-mère utilise quant à lui une enquête familiale pour remonter plusieurs décennies dans le passé et raconter les sacrifices de générations entières.

L'un comme l'autre sont en tout cas de très belles surprises venues d'Asie, et ils démontrent quelque chose d'important : le cinéma asiatique ne se résume absolument pas aux grosses productions, aux films d'action ou aux blockbusters.

Il regorge de petites pépites.

Et celle-ci mérite vraiment d'être découverte.

Un film qui ne plaira pas à tout le monde… et c'est très bien ainsi

Soyons honnêtes : Lettre d’amour à ma grand-mère n'est pas un film de divertissement au sens classique du terme.

Si vous cherchez un blockbuster, des explosions, des effets spéciaux ou un rythme effréné, passez votre chemin.

En revanche, si vous aimez les histoires humaines, les récits familiaux, le cinéma asiatique et les films capables de vous accompagner encore quelques heures après la séance, alors celui-ci mérite largement votre attention.

Il possède même quelque chose d'assez rare aujourd'hui : il prend son temps pour raconter son histoire.

Et malgré quelques passages qui pourront sembler prévisibles, malgré un début volontairement étrange et une narration qui demande un peu de patience, le film finit par nous emporter.

Il nous surprend.

Il nous émeut.

Et surtout, il nous rappelle que derrière les grandes histoires de migration, d'exil et de diaspora, il y a toujours des individus, des familles et des destins brisés ou reconstruits par des milliers de kilomètres de distance.

Verdict : allez le voir en salle !

Il est difficile de savoir quel accueil Lettre d’amour à ma grand-mère recevra en Europe.

Le film a rencontré un écho exceptionnel en Asie, où son histoire est directement connectée à une mémoire collective. En France, son sujet pourra paraître plus éloigné à une partie du public.

Mais justement : c'est une raison supplémentaire pour lui donner sa chance.

Parce que nous avons la chance d'avoir ce film en salles.

Parce que le cinéma asiatique indépendant ou à petit budget est encore trop rarement distribué correctement chez nous.

Et parce qu'un film comme celui-ci ne demande finalement pas grand-chose : simplement de venir s'asseoir dans une salle, de regarder une histoire et de se laisser toucher.

Lettre d’amour à ma grand-mère est une œuvre magnifique, sincère et profondément humaine.

Ce n'est peut-être pas le film dont tout le monde parlera demain.

Ce n'est peut-être pas celui qui fera le plus de bruit en Europe.

Mais c'est précisément le genre de film que le bouche-à-oreille peut aider à faire vivre.

Alors, si vous aimez les belles histoires et si vous voulez soutenir un cinéma asiatique différent de celui que l'on voit habituellement sur nos écrans, allez découvrir Lettre d’amour à ma grand-mère au cinéma dès le 2 septembre.

Pour nous, c'est 5/5.

Et c'est largement mérité.

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cinéma
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